L’amiante n’est pas dangereux en lui-même tant qu’il reste intact et immobile : c’est l’inhalation de ses fibres, une fois libérées dans l’air, qui est à l’origine de maladies graves. Cette page explique quels sont ces risques, quelles maladies ils entraînent, et pourquoi elles peuvent mettre des décennies à se déclarer.
Quels sont les risques pour la santé liés à l'amiante ?
L’amiante est un minéral fibreux naturel, extrait de roches, dont les fibres se distinguent par leur résistance mécanique, leur résistance au feu et à la chaleur, ainsi que leurs propriétés d’isolation thermique, acoustique et électrique. Peu coûteux et facile à intégrer à de nombreux matériaux, il a été massivement utilisé dans l’industrie et le bâtiment à partir de la fin du XIXe siècle.
Son exploitation industrielle et commerciale n’a cessé de croître après 1860, portée par la découverte de gisements importants et par les besoins de l’industrie textile, puis du bâtiment. La production mondiale a atteint son pic dans les années 1970, avec environ 5 millions de tonnes produites par an en 1975. En France, les importations ont commencé à décliner à partir de cette période, avant l’interdiction totale de 1997.
Quels sont les différents types d'amiante ?
On distingue six variétés minérales d’amiante, réparties en deux familles :
Les serpentines
- Chrysotile (amiante blanc) : c’est la variété la plus utilisée dans le bâtiment. Ses fibres sont souples, longues et recourbées. On le trouve notamment dans les plaques de fibrociment, les toitures ondulées, les dalles de sol et les faux plafonds.
Les amphiboles
- Amosite (amiante brun) : fibres droites et rigides, principalement utilisées dans les flocages, les calorifugeages (isolation de tuyaux) et les panneaux isolants.
- Crocidolite (amiante bleu) : également utilisée en flocage et calorifugeage, ainsi que dans certains fibrociments, mais de façon plus limitée que le chrysotile.
- Anthophyllite, actinolite, trémolite : variétés beaucoup plus rares, avec peu d’usages dans la construction.
Les fibres d’amphiboles (crocidolite, amosite) sont considérées comme plus dangereuses que le chrysotile, car plus fines et donc plus facilement inhalables. Le niveau de danger dépend aussi de l’état du matériau : un matériau friable (qui libère facilement ses fibres) est plus à risque qu’un matériau non friable.
Depuis quand l'amiante est-il interdit en France ?
L’interdiction de l’amiante en France s’est construite progressivement :
- 1977 : premières réglementations encadrant la protection des travailleurs exposés à l’amiante.
- 24 décembre 1996 : publication du décret n° 96-1133, qui acte l’interdiction de l’amiante en France.
- 1er janvier 1997 : entrée en vigueur de l’interdiction totale de fabrication, importation et vente de produits contenant de l’amiante.
- 2005 : interdiction étendue à l’ensemble de l’Union européenne.
Cette interdiction a par la suite été confirmée sur le plan international : en 2001, la France a eu gain de cause face à une contestation du Canada devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui a fait jurisprudence pour les mesures sanitaires nationales de ce type.
Dans quels types de bâtiments et matériaux trouve-t-on le plus souvent de l'amiante ?
L’amiante étant interdit depuis 1997, ce sont les bâtiments dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 qui sont concernés en priorité. Selon la Fédération Française du Bâtiment, on estime qu’environ la moitié des 30 millions de logements français en contiennent encore.
On le retrouve principalement dans trois familles de matériaux :
- Matériaux résistants à la chaleur : joints autour des chaudières, brûleurs et tuyaux ; peintures et enduits décoratifs.
- Matériaux à résistance mécanique : plaques de fibrociment, sous-toitures, ardoises et tuiles en fibrociment, dalles de sol vinyle-amiante, colles de pose de revêtements de sol, mastics de vitrage.
- Isolation thermique et acoustique : calorifugeage (gainage de tuyaux) et flocage (projection sur charpentes, plafonds, structures métalliques).
On en trouve également, plus ponctuellement, dans les portes coupe-feu, certains composants électriques, les canalisations d’évacuation, les freins d’ascenseurs ou encore certains panneaux de façade décoratifs.
Seul un professionnel certifié peut confirmer avec certitude la présence d’amiante, par prélèvement et analyse en laboratoire — c’est l’objet du repérage amiante, abordé dans le grand thème Identifier.